Carnet de route

Entre cabane et igloo en Haute Ubaye

Le 20/03/2021 par Laurène et Cyril

Vendredi 19 mars 2021 – 1e jour.

Rendez-vous à Maljasset, à 11h17 comme prévu, les sacs faits, le vieux bout de pizza acheté à la boulange de Tallard en passe d’être terminé.

Comme les sacs sont faits (crampons et piolets inclus), peut-on se répartir le matos commun ? Commun dans tous les sens du terme, vous en conviendrez s’agissant du café lyophilisé du petit déj, des sachets de riz, des popottes…d’un bloc de foie gras fait maison, des saucisses, tomates et cornichons…des buches, des buches, des buches !... on n’a pas parlé de boissons ? C’est la preuve que ce CR ne se veut pas exhaustif !!

Aller, les sacs sont très gros (pas encore lourds), les cœurs sont grands et l’envie immense. En direction d’une cabane du vallon de rubren qu’on appelera « Cabane de Gisèle », à 2450m d’altitude, en Ubaye, C’est partit…à pied, dans la terre, longtemps !!

Et maintenant les sacs sont lourds !! On prend donc de la hauteur, on cherche les langues de neige, qu’on trouve ; puis on descend (ah bon ?!) parce que oui, l’aventure c’est bien mais après l’aventure, y’a souvent la classique.

Maintenant les sacs sont lourds !! Ça a déjà été dit ? Alors considérez qu’ils sont 2 fois lourds !! Et tout ça pour quoi d’ailleurs ? Pour un rougail saucisse fraichement cuisiné sur place ? Pour un apéro au foie gras ? Pour une raclette fermière ? Pour être douillets en toutes circonstances, comme dans un igloo par exemple ? Pour ne pas craindre les -20°C annoncés mordicus par toutes les météos ? Pour pouvoir faire du feu utile à la fonte de neige et un peu de (sur-)réconfort ?... Alors maintenant, les sacs ne sont plus lourds (enfin si, quand même un peu !!).

L’arrivée à la cabane ne présente aucune surprise : 1 - on a bien fait d’emmener du bois, parce qu’il n’y a aucune réserve, 2 – Ici c’est grand confort, il y aura de la place pour que tout le monde dorme près du poêle, 3 – le timing est avancé.

Les sacs ne sont pas encore posés au sol qu’un consensus se forme sur « on dormira peut-être pas dans l’igloo ce soir… ». Et oui, c’est bien l’objectif du week-end : autonomie, bonne glisse et…dormir en igloo !!!...peut être pas ce soir…

Nous sommes peut-être raisonnable (oui oui) mais pas totalement raisonnés. Nous voilà donc tous pelle à la main, genoux, hanches, coudes, tête dans la neige à le construire notre igloo, selon la méthode russe qui nous apparait la plus simple, depuis la préparation de la sortie et confirmée par l’absence de neige compacte requise à la découpe de blocs. Et ça avance bien, vraiment ! Un dôme se forme, une entrée se creuse, une cavité se dégage et…un gros rocher apparait en plein centre de l’igloo…De toute façon, on avait dit qu’on dormirait pas là-dedans (ce soir…).

Y’a un vrai rougail saucisse à préparer. Oui, on a vraiment le gingembre, l’ail, les tomates…tout ce qu’il faut mais surtout, on a celui qui sait et qui fait. Bravo Philou pour ce menu 3* !!). Y’a un feu à entretenir, une course à préparer, des bouteilles à vider, une contrée à organiser et de beaux rêves à dérouler…

On a échoué…sur la contrée, tout le reste a été incroyable !! Une belle journée !!

Samedi 20 mars 2021 – 2e jour.

Le soleil se lève sur le 2e jour de notre aventure, et nous tentons de nous lever de concert… bon pour des raisons évidentes de circulation, le GO devra quelque peu insister pour nous faire sortir de nos lits douillets ! c’est donc vers 6H30 qu’on allumera la 1e bougie. Comme la vie est belle et le petit dèj est bon, les 1e pas vers le check dva à partir de la « cabane de Gisèle » 2449m, ne se feront qu’à partir de 8H30.

Et c’est donc avec des sacs allégés (et maintenant je vole !), qu’on prendra la direction du Col de Rubren 3085m, ou Mongioia pour nos amis italiens (amis ? ce n’est pas vraiment ce qui a été dit…)

Le ciel est plutôt clément, mais malgré un brin de vent, on est encore loin des fraicheurs annoncées ! Simon, notre co-encadrant préféré (certes y’en a qu’1..), prendra le lead de la course et nous fera la trace … en split. Heureusement que les raquettistes pourront rattraper (écraser) tout ça à sa suite. 

Après une dernière montée quelques peu éclectique, mélangeant neige et rochers sur lesquels nos phoques bien aimés laisseront quelques bouts de peaux en bons souvenirs, on fera un stop picnic (confort) au refuge de Boerio au niveau du Pas de Mongioia.

Après le repos des guerriers, on repart crampons aux pieds/boots, pour une courte traversée de la crête, pour rider dans de meilleurs conditions. La traversée certes courte, est épic. Record battue de 3 crampons perdus (mais retrouvé quand même hein ?!) pour Gus ! quand ça ne veut pas …

Descente sympathique et retour chez Gisèle en début d’après-midi pour la suite des aventures : constitution d’une team bois, pour chauffer la cabane. Les valeureux redescendront scie à la main jusqu’à la rivière (on a amené un bout de Pierrot avec nous), pour remonter le précieux chargement. Pendant ce temps-là, la team igloo poursuit son ouvrage, et débat largement sur l’épaisseur des murs! Pris d’un élan de confiance (ou d’acharnement) on tentera même d’améliorer le confort de l’igloo en otant ce petit enorme cailloux un peu très gênant au centre de l’igloo en plein milieu ce con !

Tel un conte de fée, c’est peu avant la tombée de la nuit que l’équipe se réunira, forte de ses missions bravement accomplies… et en appétit pour une raclette 4*, accompagnée d’un peu de potion magique pour réchauffer les cœurs ! et lester les corps.. C’est qu’il y’en a qui dorment en igloo ce soir !!  2e échec pour la soirée contrée, l’équipe se sépare pour la nuit, et c’est bien équipé qu’on partira dormir dans notre havre de paix…

Dimanche 21 mars 2021 – 3e jour.

Réveil matinal (6h15), on compte les belles au bois dormant. Vraisemblablement, ça a mieux dormi dans l’igloo que dans la cabane. Accord commun pour 1 – incriminer la digestibilité de la raclette, 2 – souligner le confort de dame nature, neige et rocher rimant avec rêves et douillet.

Tous seront quand même soulagés de constater que les parois de l’igloo méticuleusement optimisées la veille ont tenu (leur rôle). Le vent a soufflé fort dans la nuit, les températures sont descendues mais nos amis sibériens ne nous ont pas menti, pas moins de -3°C dans l’igloo. Ça marche donc…en tout cas pour la méthode russe, celle que nous avons mise en œuvre.

Confort du poêle chaud au réveil, du café et viennoiseries fines à base de noix, pruneaux, figues, miel et (un peu de) farine (on avait de la pâte à tartiner, don’t worry, on se laisse pas abattre !!), la vaisselle à la neige et autres rangements permettent au groupe de décoller avec une forte avance par rapport à la veille…2 minutes (check DVA inclus).

C’est donc une course ambitieuse qui s’ouvre à nous : « par là-bas, ça à l’air beau. On s’approche et on voit ce que ça donne de près ». Ce n’est pas le nom d’un sommet, on aurait alors dit « Tête de Malacoste et Plate Chamoissière ». Ce n’est pas non plus le nom d’une course, qu’on aurait désignée « remontée du vallon sud de Plate Chamoissière en direction de la crète de Mongioia ».

Le vent nous porte…ses fouets de neige soufflée au visage ; le soleil nous réchauffe…la neige qu’il reste ; la pente nous amène…à transpirer ! Et nos encadrants nous guident, avec la vigilance requise par cette neige changeante et certaines pentes que nous éviterons scrupuleusement ; ils nous poussent, nous veillent, nous font bien rire…enfin, tout ce que vous connaissez ou imaginez d’un tel moment de plaisir !

Arrivés au col, une partie de la troupe poussent un peu plus haut chercher la pure neige qui vaut les 150 m de D+ en plus et qui…n’est pas meilleure que celle juste en dessous !! Pas meilleure, ça veut dire pas mal du tout, une descente plaisir s’engage, dans les traces de montée, dans les WOUHOU des riders enchantés, dans les petits canyons encaissés…jusqu’entre les murs de chez Gisèle, les bacs de vaisselle à finir, les très gros (à nouveau) sacs à boucler, les poussières au sol à balayer. En gros la fin de week-end qui approche et qui sera menée avec le parfait professionnalisme qui aura animé le groupe depuis le début.

Le retour aux voitures (dur ce mot après 3 jours dans l’absolue immensité, calme et isolement) s’annonce bien. L’horaire est tenu et les premières pentes ont été repérées par la team bois la veille. Suffisamment bonnes pour que tous souhaitent y retourner. Et puis les sacs de 20 kg feront la petite variété !! Passées les premières pentes, l’itinéraire de retour, qui avait été repéré par les encadrants à la montée, nous permet de découvrir un nouvel itinéraire, traversées en forêts, le long de la rivière, on a tenu bon en peaux & raquettes…et pour finir en beauté, un dernier ride avec déchaussage au pied des voitures ! Quel Brio ! Tout en maîtrise, où l’improvisation n’a pas sa place (hummm), le portage inutile n’existe pas (parce que le foie gras, c’est la vie)!

A l’arrivée, doit-on raconter qu’on a un peu soif, cette soif d’une eau claire, pas tiède et terreuse de la neige fondue au poêle pendant 3 jours ? S’il faut parler de manque, ce sera d’une bonne bière ! Pour ce qui est de la joie d’avoir passé un grand moment d’équipe, de nature et d’aventure, on est absolument comblés !

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