Carnet de route

Sainte Anne la Condamine : Remise à niveau technique - et d'une !

Sortie :  Ski remise à niveau du 05/01/2019

Le 05/01/2019 par Cécile Bouchet

4 janvier 2019, les fêtes à peine derrière nous pour cette première sortie « remise à niveau technique » de la saison.

16h, départ de Marseille avec Maxime, pas encore de bouchons, les marseillais sont encore en vacances. On récupère Béa aux Mées, direction Sainte Anne la Condamine. Antoine, Astrid et Sylvie sont censés avoir beaucoup d’avance sur nous, mais Sylvie ayant oublié d’embarquer ses peaux et couteaux (merci le regroupement à Aix La Chevallière), ils ont fait un petit aller retour complémentaire. C’est toutefois devant un verre de vin et cacahuètes qu’ils nous attendent au gite !

 

Samedi 5, Sylvain, le patron du gite, nous confirme qu’il a vu des skieurs de rando partir et revenir skis aux pieds la veille, et qu’ils lui ont dit que le retour au gite était tout à fait pratiquable en hors piste.

Nous tentons donc le coup, et constatons effectivement dans le mélézin au-dessus du gite que la neige a pu rester relativement poudreuse – à l’exception des traces de la veille et jours précédents bien gelées. C’est parti pour 120 m de dénivelée en montée sanglier émaillée de très très nombreuses conversions, puisqu’on est là pour ça ! Démo, correction, chacun voit sa technique observée, commentée, à chaque virage. Sylvie profite d’être en voiture balai pour faire des pas tournants pendant que j’ai le dos tourné … Traitresse !!! Maxime dont c’est la 2ème journée de ski de rando fait un max d’efforts pour lutter contre son « manque de souplesse » (c’est lui qui le dit), Antoine passe d’un coup de talon pas du tout au bon moment à un apprentissage du « genou collé », chacun révise le positionnement des bâtons, le temps de relâchement qui permet au ski de « lever tout seul », et sous le garage des dameuses, on est à peu près au point en pente réduite.

C’est le moment d’attaquer une pente plus raide en forêt, où les conversions s’enchaînent cette fois sans temps de pause, et avec une marge d’erreur plus réduite, la neige pardonnant également moins les erreurs.

Une petite redescente avec les peaux pour contourner une zone sans neige, tous s’en sortent très bien. Nous voilà vite (tout est relatif) au pied du resto d’altitude de la station de Ste Anne, entre 2 télésièges. Je m’attends à une manif de gilets jaunes derrière moi : « on va pas monter « à pied » à côté des remontées??? ». Eh bien non, tous, de bonne volonté, me suivent sous un téléski désaffecté, pour continuer notre progression vers le haut du télésiège des Mastrètes. Nous commençons à prendre conscience de l’état catastrophique du manteau neigeux, fortement bousculé par le vent et les dégels-regels. L’avantage : un BERA risque limité. L’inconvénient : les traces de descente en hors piste sont en relief gelé à plus de 10 cm au-dessus du niveau du reste de la neige. Les passages d’accumulations molles succèdent à des plaques friables que nos carres et notre poids ne cassent pas, avant qu’elles s’effondrent subitement sous le poids d’un seul skieur, avec une ligne de rupture de plusieurs mètres. Nous nous amuserons à ramasser une de ces plaques : 5 cm d’épaisseur, 1 m de long, 80 cm de large, on peut la tenir à bout de bras …

Ca promet des conditions de descente assez pourries. Ce qui de loin ressemble à des accumulations en zone protégée s’avère être de la plaque friable. La pente se redresse, c’est le bon moment pour, dans le cadre de notre remise à niveau technique, mettre les couteaux, et tester la progression avec et sans cales, ainsi que les conversions dans une pente de près de 30° où la chute vaudrait au skieur inattentif de redescendre quelques mètres avant de devoir remonter. Parfaites conditions pour bosser ;-))

Au-dessus, les encouragements fusent du télésiège ; nous sommes les stars du jour !!

Nous voilà presque à l’arrivée des Mastrètes. Maxime qui n’a pas eu sa dose (et ne l’aura pas de la journée puisque de retour au gite il partira courir 10 km pendant que nous ferons nos étirements) piaffe pendant le déjeuner pour continuer à monter malgré les conditions dégueu du hors piste.

Je l’expédie démarrer la trace, avec recommandation de ne « pas tracer trop raide » parce que je vois bien qu’il est près à partir dré dans le pentu, et nous le suivons. Sur une partie bien plaquée, Béa nous annonce qu’elle va dépeauter et rejoindre Astrid, qui a l’appareil photo au garde à vous à l’endroit de notre pique nique. Maxime, Antoine et Sylvie enchaînent derrière moi, sur l’épaule qui nous mène au point 2472 sous l’Arpillon.

A la montée, je repère 2 options : redescendre par cette croupe, ou redescendre entre les rochers dans un 35°. La neige semble mauvaise en qualité, mais stable sur les 2 zones. Le tout sera de trouver le passage car la crête est très déneigée.

On dépeaute et c’est parti pour choisir l’itinéraire de redescente. Avec toutes les plaques friables qui traînent dans toutes les orientations et tous degrés de pente, la prudence reste de mise ; la consigne est claire : descente 1 par 1, le suivant ne s’engage que quand je lui fais signe une fois le précédent à l’abri. Je repère un couloir entre des rochers, saute vaillamment pour faire partir ce qui veut bien descendre, et laisse dégouliner quelques boules bien à l’abri sous un rocher. Une fois au-dessus de la zone, les garçons la trouveront trop pentue pour eux et choisiront de contournent l’obstacle en passant par la croupes de montée. Un par un, ils enchaînent dans une neige changeante, essentiellement croûtée.

A l’arrivée, Maxime dira « c’est vraiment de la merde ! », traduisant l’avis de tous sur la qualité de la neige en hors piste ce samedi !

Nous rentrons donc sagement par une piste rouge, puis rattrapons le chemin de montée, 15 m de dénivelée en escalier, et nous voici dans le hors piste qui nous ramène au gite. Et là, miracle, une neige entre transformée et poudreuse, portance correcte en-dessous, bon, faut réussir à franchir les buissons de gratte-cul, mais c’est la meilleure neige de la journée !

Alors que certaines se réjouissent déjà à l’idée de la sieste qui les attend, je douche les enthousiasmes : c’est l’heure de l’exercice de recherche de victimes d’avalanche ! Chacun doit trouver 2 victimes, hélas le faible enneigement au niveau du gite ne permet pas un exercice de sondage, vu que les DVA sont dans 15 cm de neige … Du coup, pas de pardon sur la qualité des croix;-)

Etirements, douche, footing jusqu’à la Condamine et retour, chacun s’adonne à des activités pré-dinatoires. Un petit gratin de crozets accompagné de diots garantit notre remplissage pour la nuit et la journée du lendemain.

 

Dimanche … oups Astrid n’a pas digéré son petit déj, déj et les crozets. Malade durant la nuit, elle rend les armes pour la journée. Nous partons donc à 5, même itinéraire de montée que samedi, sauf que nous enchaînons entre Jacet et Résinière, en direction de l’Arpillon ; suivant les conditions, nous pourrons partir en traversée pour rejoindre les Mastrètes, ou essayer de trouver des combes où le vent aurait fait moins de ravages.

Je profite d’une piste rouge non damée qui présente un mur bien raide pour expliquer l’intérêt et la technique des conversions aval. Sylvie se régale (autant elle déteste faire des conversions, autant elle adore les conversions aval ….) . Antoine pige le coup très vite et arrive même à prendre un air parfaitement dégagé dans toutes ses conversions, on dirait une pub pour du dentifrice ! Maxime grommelle tandis que Béa râle carrément. Y a encore du boulot ;-))

On poursuit la montée en alternant conversions et pas tournants, on n’est pas des bêtes non plus;-)

En regardant autour et au-dessus de nous, tout est déjà pas mal tracé, mais nous constatons, sur la rive gauche du vallon, en limite du mélézin, qu’il n’y a pas eu trop de passages et que le vent a laissé quelques accumulations pas trop bousculées ni gelées. Nous essayons de ne pas trop pourrir la zone avec nos traces de montée, et poussons jusqu’au point où il apparaît que la neige sera trop dégradée à la descente pour se faire plaisir.

Altitude 2180, sur un mamelon, on dépeaute et on se fait une petite redescente hors piste par les zones à peu près correctes qu’on a repérées à la montée. Les zones agréables à skier (20 m…) alternent avec la croûte et le « bien dur » des plaques friables. La forêt au-dessus de la cabane de Magnan n’est hélas pas skiable : branches et souches partout, il n’y a pas assez de neige. 1910 m, on déchausse, et constatons l’effet de la chaleur relative de la veille : le chemin n’est plus assez enneigé pour rejoindre le resto d’altitude. Très bien, révisions techniques obligent, on met les skis sur le sac et c’est en mode « rando pédestre » que nous rejoignons le ravitaillement / pique-nique du jour.

Histoire de compléter la journée, on remonte le long de notre téléski préféré, puis nous basculons entre piste bleue et piste verte. Au bout d’un moment, je lâche les garçons : Maxime part en mode commando devant, Antoine enchaîne derrière, le long de la piste bleue c’est l’épreuve cardio du jour. 2330 m, à ma grande surprise les garçons ont été très sages et ont dépeauté au point que je leur avais indiqué. Visiblement, la descente « défoulez-vous » par la piste bleue délicieusement travaillée, avec jolis murs, ressauts, largeur idéale pour carver ou pour se la faire bille en tête les tente bien. Sylvie, sachant que c’est moi qui ferme, part à fond … la meute est lâchée !!

Nous voilà au bas de la station, un peu de marche le long de la piste bien verglacée qui ramène à la cabane des dameuses, nous bavons d’avance devant la descente finale au gite qui reste excellente, sauf dans les 50 derniers mètres où nos traces cumulées de la veille ont laissé un terrain bien traffolé.

Mais une chose est sûre : vu les conditions, nous avons tiré le meilleur profit possible de ce week end, en réussissant à atteindre les objectifs pédagogiques et les objectifs de dénivelée dans la joie et la bonne humeur.

 

Samedi : 800 m de dénivelée, 6 km de montée

Dimanche : 860 m de dénivelée, 10,7 km A/R

Crédit photos : merci Astrid !!

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