Carnet de route

NA2 en Maurienne - 3 et 4 février 2018

Le 24/02/2018 par PATTIER Pierre

Les 3 et 4 février, Jean-Marc C. et moi-même (Pierre), nous sommes partis en Maurienne pour une formation Neige & avalanches niveau 2 animées par les Guenilles et les Shabraks (respectivement les groupes de snowboard du CAF Grenoble et du CAF Annecy).

 

Samedi 3 :

Après s’être retrouvés près de Cellier (1305 m), nous avons entamés la montée au refuge au logis des fées (1840) dans une bonne poudreuse légèrement stabilisée. 2 Guenilles qui se préparent à être initiateurs ont conduit le groupe.

Au refuge, session théorique de rappel sur la neige, ses transformations, le vocabulaire pour la décrire… Puis présentation du BRA (Bulletin d’évaluation du Risque d’Avalanches).

Pause déjeuner et avant de se laisser emporter par l’envie de sieste, on enchaîne directement par 3 exercices pratiques et stimulant où chacun devient acteur :

  • recherche chronométrée de plusieurs DVA enfuis sous la neige ;
  • gestion des secours en avalanche et pelletage ;
  • organisation d’une course à partir d’une équipe donnée (nombre et « profil » des participants), d’un BRA et d’une carte.

Après ces exercices, retour à la théorie avec un topo sur la méthode 3x3, la réduction des risques et les facteurs humains.

S’en suit un tour de table très vivant avec échanges d’expériences, notamment sur les témoins/victimes d’avalanches.

Il ne reste plus qu’à chacun de s’installer dans sa chambre avant de tous se retrouver pour l’apéro puis le repas que l’on achève en dégustant le digeo du patron.

 

Dimanche 4 :

Après le petit déjeuner on s’équipe et on se scinde pour une course vers le Pic de Lachat que l’on ne pourra pas atteindre car la pente finale n’est pas purgée. Là encore c’est l’occasion de s’exercer car à tour de rôle, par 2, on encadre l’équipe pour apprendre à gérer la trace, le rythme, la cohésion du groupe… et en même temps être attentif à la neige que l’on parcourt, aux terrains alentours…

Vers les 2200 on s’arrête et on s’équipe avant d’entamer la descente avec un autre duo qui s’exerce à encadrer un groupe.

Tout comme à la montée, à chaque pause, c’est l’occasion pour Étienne (l’initiateur) de reprendre les « encadrants » sur leurs erreurs ou d’appuyer leurs bonnes décisions. Ça a l’avantage d’être direct et explicite et comme il s’adresse à tout le groupe on peut chacun s’imprégner de la pédagogie qu’il nous transmet.

Peu avant d’arriver au refuge, on est pris à parti pour un exo avalanche à taille réelle. Julie (une autre initiatrice) nous interpelle toute affolée car elle vient d’avoir 5 amis qui se sont fait coffrer par une avalanche. Elle est en panique, possède un DVA qu’elle ne sait pas utiliser et nous tanne de nous bouger. Très bonne mise en condition, avec une organisation à mettre en place sur le vif plus une personne extérieure à gérer durant la recherche.

L’organisation nous aura d’ailleurs fait défaut car trop aléatoire et un manque de communication sur le terrain (impossible de savoir à la fin si l’on avait bien sorti les 5 « victimes »…).

Une fois l’exercice terminé on termine de descendre au refuge et on se pose pour déjeuner et justement débriefer de cet exercice avalanche.

Il ne nous reste plus ensuite qu’à terminer la descente jusqu’aux voitures, ranger le matos, boire un canon ensemble au bistrot du coin, et après les au revoir, chacun regagne ses pénates.

 

Qu’est-ce que je retiens de cette formation ?

Énormément de choses et ça va être dur de synthétiser.

Je savais que le pelletage est physique car une avalanche compacte la neige, mais là, de le faire en réel je me suis pris une grosse claque car c’est encore pire que ce je que pensais. Quand on a du pelleter en moins de 15 minutes un tunnel de 2 m de profondeur avec une couche de neige hyper dure d’au moins 30 cm sur laquelle il fallait bourriner avé la pelle pour réussir à la trancher (Jean-Marc y laissera sa pelle alu ultra-light…), tout en étant plié en 2 par le côté exigu du tunnel, je ne sais même pas si je tenais les 40 s avant de laisser ma place…

Pareillement, quand on enfonce sa sonde de 2,40 m jusqu’à la main et que l’on n’arrive pas à toucher le sol, d’un coup on se sent tout démunis…

Enfin sur la formation en elle-même, on a eu une équipe très pédagogique et dynamique, riche de conseils et d’expériences, et nous interrogeant à chaque fois sur nos choix pour valider ou corriger notre raisonnement. Les exercices étaient très concrets (en particulier, l’exo avalanche taille réelle est de loin le plus difficile et sérieux que je n’ai jamais réalisé) et le fait que l’on soit chacun impliqué nous responsabilisait et nous mettait dans une dynamique de progression. Comme je dis, si je dois faire des erreurs, je préfère les faire en formation et que l’on me corrige plutôt que sur le terrain.

Enfin, ce compte-rendu serait incomplet si je ne citais pas la bonne humeur des Guenilles et Shabraks qui a participé à l’ambiance du week-end.

 

Pour moi le NA2 est une porte vers l’autonomie, car après le NA1 qui m’a permis de découvrir l’environnement dans lequel on évolue, j’apprends maintenant comment évoluer dans cet environnement en prenant en compte les facteurs internes (BRA, topographie…) et externes (facteurs humains, cohésion de groupe…). Cela m’invite à devenir acteur dans la préparation des courses et dans l’évaluation en continue sur le terrain (méthode 3X3).

Encore merci à Étienne, Julie et Guillaume pour avoir animé cette formation et pour leur disponibilité.

 

Pierre

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